Discours de Denis Schmid – Réunion publique 10/02/20

Je veux dire tout d’abord ma profonde admiration pour Hélène THOUY, dont l’engagement pour la cause animale n’a jamais failli depuis qu’elle est adolescente, ce qui confirme au passage que nous avons raison de croire en nos jeunes d’aujourd’hui qui seront les Hélène THOUY de demain.

Je veux aussi saluer mes amies, Valérie MICHON, tête de liste autonome à Aix en Provence et qui entraîne, elle aussi, une équipe formidable, et Véronique SAHUN, qui porte les valeurs et le projet du Parti animaliste au sein d’une liste citoyenne à Vitrolles.

Pourquoi ma candidature ?

Ma présence ici, en tant que candidat aux élections municipales à Avignon, n’est pas le résultat d’une stratégie ou d’une ambition personnelle.

Je me suis engagé dans le bénévolat, d’abord pour aider mes semblables puis en faveur de la cause animale, lorsque j’ai découvert l’ampleur de ce monde d’effroyables souffrances.

A l’époque de mon engagement pour la cause animale, le Parti animaliste n’existait pas encore.

La cause animale m’a semblé représenter un enjeu tel, non seulement pour le monde animal lui-même mais aussi pour les humains, que j’ai choisi de faire de cet engagement une priorité.

Lorsque le Parti animaliste est né, mon engagement à ses côtés m’est apparu comme un prolongement évident de mon action au sein des associations.

Mon ambition pour Avignon

Avignon est une ville de taille moyenne, qui bénéficie d’une aura particulière grâce à son fabuleux patrimoine historique et au rayonnement international de son festival de théâtre. Deux bonnes raisons d’être fiers de notre ville !

Mais comme ailleurs se posent, au quotidien, des problèmes de propreté, d’incivilités, de circulation, de pollution, de dépérissement du centre-ville et de ses commerces.

Et pire qu’ailleurs se pose le problème de la protection des animaux qui nous entourent, pour ne parler que de ceux-là.

La responsabilité n’en incombe pas seulement à l’équipe municipale sortante mais aussi à toutes celles qui l’ont précédée et qui n’ont rien fait, ou si peu.

Or, la façon dont nous traitons les animaux est le reflet de notre société. Il est urgent d’infléchir cette trajectoire qui ajoute sans cesse de la souffrance à la souffrance.

Avignon n’est certes pas seule concernée par cette indispensable mutation, mais elle peut montrer le chemin.

Cette inflexion, non seulement nécessaire mais urgente, ne s’opérera pas d’un claquement de doigts ou par quelques décrets : elle repose sur la remise en question de notre référentiel de valeurs, qui nous a amené à la situation où nous sommes et dont nous ne voulons pas.

Changer nos comportements, c’est possible : encore faut-il le vouloir et, pour cela, en comprendre l’intérêt, voire la nécessité.

L’équipe

Les presque 53 candidats figurant sur notre liste ont entre 18 et 87 ans. C’est, comme il se doit, une liste paritaire. Ils représentent toutes sortes de professions et sont, à cet égard, le parfait reflet de notre société.

Mais cette liste présente une caractéristique assez rare : engagés pour la première fois dans l’action politique, pour porter la cause animale, aucun de nos colistiers n’est là pour briguer un poste, aucun n’a revendiqué une quelconque position avantageuse sur la liste, aucun ne recherche non plus les lumières des projecteurs.

Je dirai même que certains d’entre eux se sont portés sur cette liste avec une certaine réserve qui n’a été levée que parce que cette liste est totalement apolitique et porte une cause jusque-là oubliée.

Je tiens à les remercier ici tout particulièrement car c’est grâce à eux que notre liste existe et que la cause animale pourra véritablement constituer un thème de campagne. Merci à eux du fond du cœur…

Vous ne trouverez donc dans cette liste aucun « professionnel » de la politique. Certains chercheront à y voir une faiblesse. Nous considérons pour notre part que c’est au contraire ce qui fait notre force et qui confère à cette équipe toute sa crédibilité, car elle n’est pas là pour servir des ambitions personnelles.

Quel programme allons-nous présenter ?

Notre programme est naturellement très fortement imprégné de l’urgence et de la nécessité d’améliorer la condition des animaux auxquels nous faisons subir d’insoutenables souffrances, au point de ne pouvoir en supporter ne serait-ce que les images dont nous détournons le regard.

Mais il veut aussi, plus globalement, poser les bases d’une société plus juste, plus équitable, plus durable, reposant en conséquence sur un autre référentiel de valeurs. Car tout est lié.

Le mesures que nous proposons s’inscrivent naturellement dans cette perspective.

Les projets d’infrastructures ont certes leur importance, mais nos comportements collectifs pour emmener notre ville vers plus de considération réciproque, plus de respect de notre environnement et, au total, pour préserver, dès maintenant, un avenir pour les générations futures ne le sont pas moins.

Nous touchons ici à l’humain. C’est immatériel, mais c’est essentiel. Et ça ne s’accomplira pas sans une volonté marquée et des moyens.

Remettre en question notre référentiel de valeurs, élargir notre cercle de considération et faire évoluer nos comportements, nous devons le faire et C’EST POSSIBLE !

Concrètement, quelles mesures proposons-nous ?

Nous proposons trois grandes familles de mesures, dont nous donnons ici quelques exemples :

Des mesures pour les animaux

  • Interdire les cirques avec animaux, quels qu’ils soient, sur le territoire de la commune. Cette mesure est emblématique et peut être prise immédiatement. Avignon rejoindra ainsi les 400 villes de France (dont Paris et récemment Carpentras) qui ont déjà pris un arrêté dans ce sens.
  • Mettre en place un service opérationnel d’alerte et de suivi contre la maltraitance des animaux domestiques ou de rente. Les associations ou les citoyens sensibles à la cause animale n’en peuvent plus d’assister, impuissants, à des scènes ou à des situations de maltraitance, beaucoup plus nombreuses qu’on ne l’imagine.
  • Introduire une « clause de protection animale » dans les marchés publics. On n’imagine pas engager un marché public qui serait générateur de souffrances pour nos concitoyens, ou simplement en présenterait le risque. Eh bien il doit en être de même pour les animaux, qui sont des êtres tout aussi sensibles que nous et méritent notre protection.

Des mesures pour les animaux, bonnes pour les Avignonnais

  • Promouvoir et développer une alimentation plus végétale. Chaque année, en France, un milliard d’animaux sont abattus pour notre alimentation (sans parler des poissons). Ramené à l’échelle de notre commune, ceci représente, 1.5 millions d’animaux, dont d’ailleurs environ sont 400 000 tués pour rien en raison du gaspillage alimentaire. Alors, où est l’urgence ? Mais si cette mesure réduit la souffrance animale, elle a également des impacts considérables sur notre santé, sur l’environnement, et même sur l’emploi et le pouvoir d’achat.
  • Créer un dispensaire pour aider les plus démunis à faire soigner leur animal de compagnie.
  • Former au respect des êtres vivants sensibles et à celui de l’environnement. Notamment en sensibilisant les plus jeunes et en interdisant, chaque fois que c’est possible, la promotion d’activités génératrices de souffrances (chasse, corridas, …)

Des mesures pour les Avignonnais, bonnes pour les animaux

  • Faire d’Avignon une ville propre. Des moyens ont été mis en œuvre, tant par la ville que par la communauté du Grand Avignon. De ce point de vue, des progrès ont été accomplis. Mais nous n’y sommes pas. Pourquoi ? Parce que la mise en place de ressources techniques et humaines ne suffit pas. La propreté d’une ville, c’est l’affaire de tous ! Nous voulons mobiliser davantage les Avignonnais sur cet objectif. Au passage, la prolifération des rats (ou même des pigeons) sera enrayée sans souffrance pour eux.
  • Redynamiser le centre-ville, notamment en limitant l’étalement urbain, tout en protégeant les animaux et leurs habitats.
  • Mener une politique volontariste de lutte contre les incivilités et la violence faite aux humains et aux animaux. En favorisant la pédagogie de préférence, mais sans s’interdire la répression si nécessaire.

Et les problèmes des humains dans tout ça ?

Tout d’abord, en y regardant de plus près, on s’aperçoit de l’extrême imbrication entre le monde des humains et celui des différentes espèces animales.

Ainsi, savez-vous qu’en traitant les questions relatives aux animaux, on touche aussi à votre santé, à votre pouvoir d’achat, à l’emploi, à la justice, à votre sécurité, à votre environnement et à l’avenir de la planète, aux personnes âgées et à l’avenir de vos enfants, au lien social ?

Il se peut même que la cause animale soit la réponse à de nombreux problèmes de société.

Mais il y a bien sur des sujets assez éloignés de la cause animale, tels, par exemple, que la question de la mobilité (fluidité de la circulation, transports en commun). Je ne dispose pas de baguette magique pour arriver avec une solution toute ficelée : ça serait de ma part au mieux de la prétention, au pire tromper mes concitoyens. Non, la solution, je ne la connais pas. Mais la méthode pour la faire émerger, je la connais : elle passe par un état des lieux approfondi, une démarche de benchmarking, une phase de concertation, l’élaboration de différents scénarios pour parvenir au meilleur choix en fonction des caractéristiques de notre ville.

D’ailleurs, cette méthodologie s’applique de la même façon à des dossiers complexes touchant à la cause animale comme par exemple la fourrière dont le fonctionnement actuel est désastreux.

Les principaux leviers de la mise en œuvre de cette politique

Le programme concernant la cause animale, est riche d’une soixantaine de mesures, que vous pouvez consulter sur notre site. Nous avons dans ce domaine un retard important à rattraper. C’est pourquoi nous allons confier à un adjoint une Délégation de la Protection Animale qui aura en charge de piloter la mise en œuvre de la politique municipale dans ce domaine. Il s’appuiera sur un service créé spécifiquement par le biais d’un appel à candidatures internes (donc, sans création de nouvelles charges). Les budgets seront arbitrés en tenant compte de cette nouvelle composante.

Cette création de délégation sera une première à Avignon, même si elle apparaît aujourd’hui dans les programmes de certains candidats, ce dont nous nous réjouissons.

Par ailleurs, un certain nombre de nos projets reposent sur un changement de référentiel de valeurs et sur une évolution de nos comportements individuels et collectifs. Or, cette évolution ne se décrète pas ! On ne doit pas non plus attendre qu’elle s’opère d’elle-même. Les urgences sont là, pour la cause animale, comme nous l’avons vu, et aussi pour la planète, bien sûr. Il faut donc engager une action volontariste d’information et de sensibilisation afin que nous apportions tous, chacun à notre niveau, notre contribution à l’élaboration d’une société plus ouverte, plus juste et plus responsable vis-à-vis des générations futures.

Cette nécessaire évolution sera menée par un adjoint qui portera la Délégation à la Transition Sociétale.

A titre d’exemple

Si nous suggérons à nos concitoyens de végétaliser leur alimentation, ils ne comprendraient pas nécessairement pourquoi ils feraient ça. Mais si, auparavant, nous leur en expliquons les enjeux (la souffrance animale mais aussi leur santé, l’avenir de notre planète et donc des générations futures, etc…), alors leur réaction sera certainement bien différente

Il appartiendra au Délégué à la Transition Sociétale de créer les conditions de cette prise de conscience puis de cette évolution, en soutien des actions menées par ses collègues en charge notamment de la Santé Publique, des Etablissements Scolaires et Universitaires ou de la Condition Animale.

Changer nos comportements ou nos habitudes, c’est possible ! Je l’ai fait à l’âge 65 ans, en changeant mon mode alimentaire, par éthique mais en en tirant des bénéfices imprévus : ma santé, les bienfaits pour planète et aussi mon recul par rapport à mes « petits » problèmes personnels.

Ce que j’ai fait, sans aucun effort, tout le monde peut le faire. Il faut simplement un stimulus au départ, un élément déclencheur. C’est ce que nous nous efforcerons de faire et c’est la raison de la création d’une délégation à la Transition Sociétale.

Cette nuit, Joaquin Phoenix a été oscarisé. Il est ostensiblement végétalien, et même plus, pour des raisons éthiques. C’est un beau porte drapeau !

Ce que nous pouvons faire à titre individuel, nous pouvons aussi le faire à titre collectif.

Comment procèderons-nous concrètement ?

Au cours des premières semaines de notre prise de fonction voici comment nous procèderons :

  • Nous ferons, avec l’administration en place et les élus sortants (ou pas) un état des lieux des dossiers en cours (les poursuivre, les accélérer, les suspendre, les arrêter)
  • Nous ferons un inventaire des ressources humaines de la mairie afin de déterminer, en fonction du projet qui est le nôtre, la meilleure place de chacun. Il n’y a pas de profonds bouleversements à en attendre mais quelques aménagements puisqu’il faudra pourvoir les services dédiés aux deux nouvelles délégations. Cette analyse, nous l’accomplirons en fonction des critères portant sur la compétence et l’engagement pour le service que nous devons à nos concitoyens
  • Nous inviterons les élus d’opposition à nous soumettre les projets auxquels ils sont les plus attachés lorsqu’ils présenteront un enjeu fort pour les Avignonnais, dans la mesure où ces projets seront cohérents avec notre vision, celle qu’auront choisie les Avignonnais.

J’en profite pour souligner que, selon moi, la notion d’opposition n’est pas totalement pertinente : il y a, chez chacun, des projets ou des compétences qui pourront être utiles à notre ville. Je n’entends pas les écarter pour de simples raisons politiciennes, qui n’ont pas lieu d’être si l’on veut réellement servir au mieux les intérêts de nos concitoyens.

Tout en veillant à préserver, voire à améliorer le bon fonctionnement de l’administration, nous engagerons les projets en dotant l’équipe municipale d’objectifs prioritaires et d’un calendrier, car nous savons que tout ne pourra pas être mené de front.

Ces priorités et ce calendrier seront naturellement établis en concertation.

Abandonnons-nous pour autant notre monothématisme ?

En élargissant, pour ces élections locales, le périmètre du Parti animaliste au-delà des thématiques portant strictement sur la cause animale, la question se pose : le Parti animaliste est-il en train de renoncer à son positionnement monothématique ?

La réponse est claire : certainement pas !

La cause animale était, jusqu’à l’émergence du Parti animaliste, la grande oubliée des débats politiques. Grace à son monothématisme, le Parti animaliste a permis de rendre visible un électorat sensible à la cause animale lors des dernières élections législatives et surtout Européennes.

Depuis, tous les partis intègrent des mesures en faveur de la cause animale dans leur programme. C’est déjà une première victoire pour le Parti animaliste et pour la cause animale.

Mais si nous portons pleinement la cause animale, nous ne sommes pour autant incompétents dans les autres domaines.

La cause animale, c’est une dimension supplémentaire que nous apportons, ça n’est pas : à la place de ! Et si nous devons sortir de notre périmètre habituel en raison de la nature particulière de ces élections locales, c’est pour des considérations techniques et en aucun cas politiciennes.

Un dernier engagement et un vœu

Nous nous sommes engagés à appliquer la charte élaborée par ANTICOR (pour Anticorruption) pour les candidats aux élections municipales.

A titre exclusivement personnel nous comptons, Patricia ROGIER et moi-même, aller un peu plus loin. Nos engagements pour la cause animale, comme pour les autres causes sont des engagements bénévoles.

Aussi, s’il advenait que nous soyons élus, nous nous engageons ici, solennellement, à ne tirer aucun avantage financier de la fonction qui nous serait confiée. En d’autres termes, nous entendons reverser la totalité de la partie nette de nos indemnités d’une part au Parti animaliste (envers lequel nous sommes redevables) d’autre part à des associations locales.

Ceci n’engage que Patricia et moi, mais c’est une façon de changer, nous aussi, notre référentiel de valeurs.

Le vœu que je forme, c’est que si, dans un premier temps, nous sommes amenés à aller voir ce qui marche dans les autres villes de France (ou au-delà) pour nous en inspirer, j’espère qu’au terme du prochain mandat, c’est à son tour AVIGNON qui servira de modèle où d’autres viendront puiser les bonnes idées.

Ce qui constituera une troisième bonne raison d’être fiers de notre ville !

Je vous remercie !