Catégories
Tribune

La conférence de presse que vous n’avez pas vue

Ce 25 avril, lors de sa conférence de presse, en une heure de déclaration liminaire et une heure et demie de questions-réponses, notre Président a pu aborder toutes les questions essentielles portant sur l’organisation de notre société.
Toutes ? Non. Un thème résiste encore et toujours à l’intérêt que lui portent nos politiques mais aussi ceux qui les interrogent.
Peut-être l’exercice et le contexte ne s’y prêtaient-ils pas. Mais alors quand ?

Voici en tout cas ce qu’aurait pu être la séance de questions-réponses si nos amis les animaux avaient eu la parole. [CECI EST UNE PARODIE]

NFPATE (Ne Faites Pas Aux Truies Etc.) : Monsieur le Président, j’ai 3 ans ½. Comme mes 300 000 consœurs, je suis née en milieu carcéral où je suis maintenue et où je suis régulièrement violée. J’ai eu 70 enfants qui, comme 25 millions d’autres enfants chaque année, m’ont été enlevés pour être conduits à l’abattoir, qui est aussi ma destination dans quelques semaines. Monsieur le Président, que prévoit votre projet de société pour améliorer mon sort et celui de mes congénères ?

Le Président : … c’est une bonne question. Y a-t-il une autre question ?


Lion’s Club : Monsieur le Président, vous avez évoqué la question des flux migratoires. Comme beaucoup de mes amis africains, j’ai pénétré sur le sol français mais contre mon gré, après avoir été enlevé de mon milieu naturel et, comme eux, j’ai été réduit à l’état d’esclavage pour devenir un objet de spectacle et amuser les enfants des humains. Monsieur le Président, quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour nous rendre notre liberté et nous rapatrier dans notre pays d’origine ?

Le président : … c’est un sujet délicat. Y a-t-il une autre question ?


Mon Poulet : Monsieur le Président, je n’ai que 30 jours d’existence mais je pèse déjà deux kilos grâce à une alimentation « appropriée ». Comme 800 millions de mes amis, je vis depuis ma naissance dans un immense hangar ou nous avons été regroupés par milliers. Dans 5 jours, si je tiens jusque là (beaucoup de mes amis meurent autour de moi, et je ne suis pas moi-même en très bon état), je sortirai enfin de ce maudit hangar, mais ma destination n’est pas non plus très enviable. Monsieur le Président, à notre naissance, nous étions tous jaunes sans avoir besoin de porter de gilets ; vous pouvez donc entendre notre requête et nous dire ce que vous prévoyez de faire pour nous.  

Le Président : … 800 millions dites-vous ?

Mon Poulet : Oui, chaque année !

Le Président : C’est beaucoup en effet ! Quelqu’un veut-il poser une autre question ?


CEIA (Contre l’Exploitation Industrielle des Animaux) : Monsieur le Président, en tant que poule pondeuse, mais aussi au nom des centaines de millions d’autres animaux vivant dans des élevages intensifs de notre pays, nous revendiquons une amélioration significative des conditions de travail et un allongement de la durée de vie. Qu’entendez-vous répondre à ces demandes ?

Le Président : Je fais confiance aux filières. Question suivante ?


LJL (Libérez Jeannot Lapin) : Monsieur, le mot LIBERTÉ, gravé sur les frontons de nos bâtiments publics, est si profondément ancré dans les valeurs de notre république et dans nos moeurs qu’il ne fait même plus l’objet de débats. Pourtant, chaque année, comme 40 millions de mes frères et soeurs, et bien que n’ayant commis aucun crime si ce n’est celui de naître, notre existence est confinée dans un espace que ne pourrait renier Louis XI avec ses demoiselles, ce qui nous ramène cinq siècles en arrière, et dont nous ne serons libérés que pour aller mourir. Monsieur le Président, avez-vous un avis sur la question de notre situation?

Le Président : Oui, j’ai un avis. Une autre question?


Ma Biche : Monsieur le Président, nous ne sommes pas en sécurité dans nos forêts. Sans avoir jamais commis aucun crime, nous sommes pourchassés et exécutés sommairement, même quand nous parvenons à trouver refuge dans le jardin d’un ami. Et à présent, on lance des meutes à notre poursuite jusqu’à notre épuisement et notre mise à mort, simplement parce qu’il parait que ça amuse certains humains. Que comptez-vous faire ?

Le Président : Mes amis les chass…, je veux dire, les premiers écologistes de France ont la situation bien en main. D’ailleurs nous venons de prendre des mesures pour que leurs actions ne soient pas entravées. Une dernière question peut-être ?


Comité des Poissons d’Avril : Monsieur le Président bloup ! Nous sommes remontés du fond des océans dans d’atroces souffrances bloup ! par milliards pour agoniser sur les ponts des chalutiers bloup ! ou pour être rejetés mourants par-dessus bord, selon notre statut bloup ! Comment pensez-vous arrêter ce massacre bloup !

Le Président : En noyant le poisson. Je vous remercie pour votre attention.


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s