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Coup de gueule !

Les slogans proférés hier samedi 21 avril par quelques manifestants invitant les policiers à se suicider sont révoltants, abjectes, ignobles et ne peuvent inspirer que du mépris, du dégoût, de la colère. Heureusement, nous le savons, ces comportements odieux ne sont pas représentatifs de la grande majorité de nos concitoyens.

Mais là n’est pas mon seul motif de colère.

Invité à réagir (sur France 2), le porte-parole d’un syndicat explique :

« C’est surtout un slogan dégueulasse, parce qu’aujourd’hui, on ne joue pas avec la mort, pour quelque motif que ce soit ; la vie humaine est sacrée, et on n’est pas des animaux, et ces gens là sont degré zéro de la conscience ».


Pour voir l’extrait, cliquez ici. Le reportage sur les gilets jaunes est de 8’40 à 10’49, et le passage en question se situe de 9’39 à 9’55.

Autrement dit, si la vie humaine est sacrée, celle des animaux non humains ne l’est pas !

Sans doute les mots ont-ils été mal choisis (ce qui, s’agissant d’un porte-parole, est tout de même assez gênant). Quant au fameux degré de conscience évoqué, celui de l’auteur de cette phrase ne semble pas beaucoup plus élevé que celui de ceux qu’il critique.

Rappelons au passage que l’être humain appartient au monde animal (n’en déplaise à ce monsieur).

Rappelons aussi que la souffrance est la même pour tous, humains et non humains.

Pleurer sur son propre sort alors que l’on trouve normal qu’il soit infligé à d’autres une telle souffrance sans état d’âme relève au mieux de l’inconscience (justement), au pire du cynisme.

Il ne s’agit pas de se saisir de cette occasion pour critiquer une corporation exposée à des situations difficiles, loin s’en faut.

D’autant que j’ai souvenir d’un gilet jaune qui, interviewé il y a quelques semaines dans le sud-ouest, après que lui et ses pairs aient été malmenés par les forces de police, s’en était offusqué en utilisant exactement les mêmes termes.

Ou encore de ce voyageur qui, s’étant retrouvé il y a quelques semaines dans un train bondé à la suite d’un mouvement de grève, s’était indigné devant le micro qui lui était tendu : « Nous ne sommes pas du bétail, quand même ». Il n’a manifestement jamais enduré le sort que connait ledit bétail sur le chemin des abattoirs.

Mesdames et messieurs les « maltraités », les « torturés », les « bousculés », en un mot « les victimes », puissent vos mésaventures vous faire prendre conscience du sort que notre société inflige à des centaines de millions d’êtres, sensibles comme vous et moi, sans que le moindre de vos sourcils ne tressaille. Peut-être pourrez-vous alors relativiser et,  un jour, décider que vous non plus, comme de plus en plus de nos concitoyens, vous ne voudrez plus être les complices de tant de tortures infligées.

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